L’Allemagne exige une « enquête approfondie » sur les meurtres de soignants par Israël à Gaza

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Des Palestiniens, dont des enfants, blessés lors d'une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Nuseirat, sont transportés à l'hôpital Awda pour y recevoir des soins, dans la ville de Gaza (bande de Gaza), le 15 janvier 2025.

L’Allemagne exige une « enquête approfondie » sur le massacre par Israël de soignants palestiniens à Gaza, rapporte l’agence Anadolu. Berlin qualifie ces incidents de « très troublants », a déclaré aujourd’hui à Berlin la porte-parole adjointe du ministère allemand des Affaires étrangères, Kathrin Deschauer, lors d’un point presse.

« Nous réaffirmons très clairement : les civils, ainsi que le personnel médical, humanitaire et les travailleurs humanitaires qui assistent les populations sur le terrain dans cette terrible crise, ne doivent pas être pris pour cible. Nous estimons également qu’une enquête approfondie sur ces incidents est nécessaire », a-t-elle ajouté.

Plus tôt dans la journée, le ministère allemand des Affaires étrangères avait condamné sur X les meurtres de soignants par Israël : « Face au nombre élevé de victimes, dont huit membres du Croissant-Rouge palestinien tués lors d’une opération militaire israélienne à #Gaza, nous réaffirmons fermement notre position : les travailleurs humanitaires et les soignants risquent leur vie pour venir en aide aux autres. Ils ne sont #PASUNECIBLE. »

L’ONU dénonce des meurtres « inacceptables »

Mardi, les Nations unies ont qualifié d’« inacceptable » le ciblage par Israël de secouristes palestiniens lors d’une mission d’évacuation dans le sud de la bande de Gaza.

« Nous avons eu 283 collègues de l’UNRWA [l’Office de secours des Nations unies pour les réfugiés palestiniens] tués à Gaza depuis le 7 octobre [2023] », a déclaré le porte-parole Stéphane Dujarric lors d’un briefing, précisant qu’au moins « 408 humanitaires et travailleurs humanitaires ont été tués depuis la rupture de la trêve ».

« Tout cela est inacceptable », a-t-il insisté. « Tout ciblage de travailleurs humanitaires, d’ambulanciers qui font leur travail, est inacceptable. »

Bilan meurtrier et demandes de justice

Dimanche, le Croissant-Rouge palestinien a annoncé avoir récupéré 14 corps après une attaque israélienne. Parmi les victimes figuraient huit de ses membres, cinq agents de la Protection civile et un employé d’une agence onusienne.

Quelques jours plus tôt, la Protection civile palestinienne avait retrouvé le corps d’un de ses membres, tué par les forces israéliennes, portant le bilan total de l’attaque à 15 morts.

« Nous continuerons à exiger des enquêtes. Nous continuerons à exiger des réponses », a martelé Dujarric.

Interrogé sur la forme que prendrait une enquête, il a répondu : « Que les autorités israéliennes nous expliquent comment ces humanitaires ont été tués par des tirs israéliens, y compris l’un de nos propres collègues. »

À la question de savoir si l’ONu mènerait une enquête « neutre », il a rétorqué : « Nous voulons que cela soit fait de manière transparente, et que les informations soient partagées. »

Une attaque ciblant délibérément les secours

L’armée israélienne a visé les secouristes le 23 mars alors qu’ils se rendaient sur les lieux d’un bombardement à Al-Hashashin pour porter assistance aux victimes.

Cette attaque contre le Croissant-Rouge et la Protection civile illustre les dangers extrêmes auxquels sont exposés les humanitaires à Gaza, où ils risquent leur vie pour sauver d’autres vies et acheminer l’aide.

Ce nouveau crime israélien a provoqué une vague de condamnations internationales, notamment d’organisations onusiennes et de défense des droits humains, exigeant des comptes.

Le double discours de l’Allemagne

« Le gouvernement allemand continue de soutenir politiquement et économiquement Israël », souligne Ibrahim Hewitt, rédacteur en chef de MEMO, « alors sa demande d’enquête sur ce dernier massacre de son génocide sonne creux. » Comme le rappelle cette déclaration du gouvernement fédéral : « L’Allemagne est aux côtés d’Israël… »

Ibrahim Hewitt rappelle également que les responsables allemands, y compris le chancelier Olaf Scholz, minimisent systématiquement l’occupation militaire brutale et décennale d’Israël en Palestine avant le 7 octobre 2023.

« Ce qui s’est passé ce jour-là », explique-t-il, « était un symptôme de cette occupation, et non la cause du génocide en cours. Israël procède à des nettoyages ethniques, des assassinats et une oppression des Palestiniens bien avant que l’État d’occupation ne soit créé sur des terres palestiniennes volées en 1948. Israël a été bâti sur des mensonges sionistes, du terrorisme et de l’oppression. Le génocide à Gaza en est l’un des résultats. »

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