Coronavirus - les municipalités arabes protestent contre la discrimination du gouvernement israélien

Al-Araby Al-Jadeed a rapporté dimanche que les municipalités arabes d’Israël avaient menacé dimanche de déclencher une grève dès la semaine prochaine si le gouvernement central continuait à faire preuve de discrimination à leur encontre.

Le Comité régional des municipalités arabes a déclaré que cette mesure avait été approuvée après avoir appris que le ministère de l’Intérieur avait approuvé la semaine dernière le transfert de 2,82 milliards de shekels (737 millions d’euros) aux autorités locales et aux municipalités pour compenser les pertes résultant de la épidémie de coronavirus. L’allocation pour les municipalités arabes n’était que de 47 millions de shekels, soit 1,7% du total. Les citoyens arabo-palestiniens d’Israël représentent 20% de la population.

La déclaration du Comité indiquait clairement que la grève commencerait si le gouvernement refusait de modifier les «critères injustes» adoptés pour la distribution de l’aide financière et indemnisait proportionnellement les municipalités arabes. La menace de grève a également été mentionnée dans une lettre envoyée au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et aux ministères et autorités concernés.

Un grand besoin de médecins arabes

Alors que sur le terrain politique, les tensions entre Israël et la Palestine semblent loin d’être apaisées, il y a bien un domaine où l’entente et la coopération sont rois : les hôpitaux. Car en Israël, force est de constater que beaucoup des héros en blouse blanche sont Arabes. N’en déplaise à certains.

En cette période de forte contagion au Coronavirus, les Arabes musulmans représentent une large proportion du personnel soignant des hôpitaux israéliens.

Selon les chiffres publiés par le ministère de l’intérieur et obtenus par le quotidien Haaretz, 17% des médecins et un quart des infirmiers viennent de la minorité Arabe. De plus, 1 pharmacien sur 2 est aussi Arabe.

Et si nous ajoutons à ces chiffres le nombre d’employés affectés à l’entretien des hôpitaux israéliens, nous pouvons facilement conclure que sans les Arabes, le système de santé national s’écroulerait en Israël.

Le racisme anti-Arabe continue malgré tout

L’importante présence de soignants Arabes en Israël ne suffit pas pourtant à faire taire les voix racistes.

 « Nous combattons deux virus : celui du corona et celui du racisme. Le corona, nous le vaincrons. Pour le racisme, cela prendra plus de temps… », explique Ahmad Tibi, député de la Liste unie des partis arabes.

De son côté, Naela Hayek, 49 ans, dirigeant les infirmiers du service de soins intensifs, déclare, face à la droite dure Israélienne, taxant les Arabes restés sur leurs terres de « soutiens du terrorisme » :

« Ça me heurte, mais ils peuvent dire ce qu’ils veulent, ça n’a pas d’influence à l’hôpital. J’y suis chez moi et nous luttons tous ensemble ».

« Ensemble », voilà bien le terme symbolisant à la perfection l’ambiance régnant dans les couloirs des hôpitaux israéliens. D’ailleurs, depuis des semaines, Naela prépare 250 confrères juifs et arabes à faire face à l’épidémie du Covid-19.

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