Le Président algérien libère 3500 détenus mais aucun du Hirak

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a signé ce mardi un décret graciant près de 3.500 personnes condamnées, une mesure de clémence qui ne concerne cependant pas les détenus liés au mouvement de contestation populaire antirégime : « Hirak », dont la majorité sont en attente de jugement.

« Ce premier groupe sera suivi par un deuxième qui englobera des détenus condamnés définitivement et dont il ne reste de leur peine que douze mois ou moins à purger », ajoute le communiqué.

Aucun détenu du « Hirak »

Le mouvement pacifique du « Hirak » est né le 22 février 2019 pour contester le pouvoir en place depuis 1962. En avril, il a obtenu la démission du président Abdelaziz Bouteflika, après quatre mandats présidentiels, mais il exige toujours le départ du reste du « système » qui gravite autour de l’ex chef de l’État, notamment d’Abdelmadjid Tebboune. L’actuel président, dont l’élection le 12 décembre a été très contestée, avait servi comme Premier ministre sous Bouteflika.

« Cette grâce ne va pas toucher les détenus du mouvement car la plupart n’ont pas encore été jugés », a expliqué à l’AFP Kaci Tansaout, coordinateur du Comité national pour la libération des détenus (CNLD). « Il n’y aura pas de grâce pour les détenus du « Hirak » car leurs affaires sont toujours en cours », a renchéri Me Yamina Alilli, membre d’un collectif d’avocats qui les défend.

N’ayant pas encore été jugées, les personnes détenues pour des faits relatifs au mouvement de contestation populaire qui secoue l’Algérie depuis près d’un an, ne sont pas concernées par cette grâce présidentielle, précise la même source.

D’après le coordinateur du Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD) – une association qui assiste ces prisonniers – Kaci Tansaout, il y a « 142 manifestants actuellement en détention provisoire et 1.300 autres qui font l’objet de poursuites judiciaires pour des faits liés à la campagne du scrutin présidentiel».

Les autorités algériennes procèdent habituellement à des grâces de prisonniers à l’occasion des grandes fêtes nationales comme le 5 juillet (fête de l’Indépendance) ou le 1er novembre (fête de la Révolution).

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît tapez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici