Algérie Un an après le mouvement de contestation du Hirak, quel bilan

Une année après le début du soulèvement populaire baptisé « Hirak », un bilan de la lutte s’impose.

Répression et mainmise des militaires 

Si la mobilisation se poursuit, la répression aussi. Sur ce point la situation du pays n’a finalement guère évolué en un an. Les Algériens ont réussi à s’unir dans la rue chaque semaine pour affronter le pouvoir mais les arrestations ne cessent pas, comme le confirme le syndicaliste Kaddour Chouicha : « C’est pendant le Hirak que j’ai été arrêté quatre fois. La troisième fois je suis allé en taule. Une semaine après être sorti, j’ai encore une fois été arrêté. » 

Si Abdelaziz Bouteflika a quitté la présidence, le nouveau président Abdelmadjid Tebboune est contesté. Il ne serait que la façade civile d’une dictature militaire, dénonce Aïssa Rahmoune de la Ligue algérienne des droits de l’Homme à Francetvinfo : « C’est un président hors-constitution, illégitime, qui n’est pas crédible ». 

« Ce mouvement ne va pas s’arrêter »

« Il y a eu des succès, comme les deux reports de la présidentielle. Mais le [vrai] succès est ailleurs : il est dans la réappropriation de l’espace public, dans la réappropriation de la parole politique, dans la reconstruction du lien social. » déclare Karima Dirèche, directrice de recherche au CNRS.

Les observateurs semblent unanimes : difficile de prévoir la suite. L’« incertitude est exacerbée par l’impasse de plus en plus marquée entre le mouvement de contestation et le gouvernement », note l’ISS. Pour Mohamed Hennad, « l’issue [de la crise] dépendra de plusieurs facteurs et d’imprévus que l’on ne contrôle point »

Le « Hirak » est pacifique

De par son pacifisme, la protestation le Hirak a par ailleurs innové dans l’art de la contestation populaire de masse. Les jeunes qui peuplent majoritairement les cortèges débordent d’imagination pour porter haut les revendications du peuple algérien.

Tous les moyens d’expressions, à commencer par la chanson et la poésie engagées, les images, les graffitis, les vêtements traditionnels, les emblèmes, les slogans écrits ou chantés et même des chorégraphies, sont mis en œuvre pour donner du dynamisme et de la créativité à cette révolution inédite.

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